E-terrasses vite un parasol pour supporter le soleil italien !

Ah… L’Italie… Dans ma famille, il n’y a pas 106 façons de réussir sa vie : il faut se marier, avoir des enfants. Okay, je caricature, réussir ses études compte aussi. Quand même. La première réaction de ma marraine, quand elle a appris que je quittais mon amoureux a été de dire « Mais elle est bien sûre que c’est raisonnable à son âge ?  »
Ca m’a carrément vexée, je l’ai pris non seulement comme un affront pour ma condition de femme (la maternité est-elle réellement le seul objectif qu’il faille se fixer dans la vie ?) et comme une insulte personnelle : ça va, non, à 30 ans je ne suis pas complètement moisie ménopausée non plus… Eh oh…

J’extrapole un peu bien sûr mais je sens qu’au fond il y avait un choc de me voir renoncer à une vie de couple établie et a priori pérenne. L’idéal. Un boulot chacun et ensemble depuis un moment, les enfants et le mariage ne pouvaient que suivre à courte échéance. Alors partir à 30 ans, trop risqué, il fallait que je revienne.

L’été suivant cette séparation, comme chaque année, une semaine de vacances avec eux était prévue. Je me suis fait porter pâle.

Un autre des traits caractéristiques de ma famille italienne est qu’ils sont plutôt intrusifs. Aucune question ou presque ne leur fait peur. Et moi, j’étais encore très vacillante, pas forcément parfaitement sûre d’avoir fait le bon choix, je me sentais trop faible pour gérer leurs interrogations et jugements.

Après un an et demie, j’étais prête. Je suis retournée voir toute ma famille. Elle m’attendait de pied ferme, comme je m’y attendais un peu. Je n’y suis donc pas allée seule. Par bonheur, une fée avait envie de venir avec moi. J’ai donc pu envisager tranquillement de retourner là-bas, en me disant que je pourrais profiter de cette protection pendant mon séjour.
En fait, j’étais naïve, j’avais vraiment sous-estimé autant leur capacité à insidieusement me faire dire ce que je ne voulais pas que le pouvoir des flots de souvenirs qui éclaboussent et empêchent de regarder les lieux de mon enfance sans ingérence de nos souvenirs en couple.

Ces vacances ont été un paradoxe : je ne pouvais pas rêver meilleure façon de retourner dans mon là-bas qu’en compagnie de la fée qui le découvrait mais j’ai rarement été aussi peu insouciante en vacances. Certains soirs, la pression des autres et la mienne propre furent même si fortes que j’avais du mal à m’endormir. J’avais les larmes bloquées dans ma gorge, celles qui empêchent d’avaler la salive sans douleur, qui font soupirer très fort en vaine tentative de les faire partir à coup d’expirations profondes.

 

Quand il a fallu prendre l’avion pour Paris, c’est donc soulagée autant que triste que j’ai tendu ma carte d’embarquement à l’hotesse.

Au retour, j’étais très soulagée d’être chez moi. Seule dans une flaque de soleil sur mon parquet. A rêvasser en regardant les nuages. Je venais d’ajouter une petite grosse brique à mon mur de certitude : j’avais bien fait de ne plus écouter les sociaux, j’avais bien fait de partir au mépris de toute prudence.

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